mardi 21 juillet 2026
La commission de la culture et de l'éducation du Parlement européen souhaite introduire un "mode jeunesse" sur les réseaux sociaux afin de mieux protéger les enfants
La commission de la culture et de l'éducation (CULT) du Parlement européen souhaite durcir les règles encadrant les réseaux sociaux afin de mieux protéger les mineurs face aux risques liés aux plateformes numériques. Dans une résolution adoptée cette semaine, la commission appelle notamment à la création d'un "mode jeunesse" obligatoire sur les réseaux sociaux, conçu pour offrir par défaut un environnement plus sûr aux enfants.
Ce "mode jeunesse" ne constituerait pas une nouvelle plateforme mais un paramétrage spécifique qui s'activerait automatiquement pour les utilisateurs mineurs. Les députés de la commission de la culture et de l'éducation proposent que ce mode désactive la publicité ciblée, limite les fonctionnalités de conception jugées addictives – comme le défilement infini, la lecture automatique des vidéos ou les notifications incitant à revenir sur l'application – et offre un niveau de protection renforcé de la vie privée. L'objectif est de réduire les mécanismes qui captent l'attention des plus jeunes et favorisent une utilisation excessive des réseaux sociaux.
Le texte prévoit également un renforcement des obligations des plateformes en matière de protection des mineurs, une meilleure régulation des influenceurs, ainsi que des mesures destinées à limiter la surexposition numérique des enfants. Les eurodéputés de la commission estiment que les plateformes doivent intégrer la sécurité des plus jeunes dès leur conception plutôt que de reposer uniquement sur le contrôle parental ou la vigilance des utilisateurs.
Ils appellent par ailleurs à l'instauration de règles éthiques pour les "compagnons IA", ces agents conversationnels conçus pour simuler des relations amicales ou affectives, afin d'éviter qu'ils n'exploitent la vulnérabilité émotionnelle des plus jeunes. Ils demandent aussi davantage de transparence sur les données utilisées pour entraîner les modèles d'intelligence artificielle et sur les mesures mises en place pour protéger les enfants.
Les parlementaires de la commission de la culture et de l'éducation réclament en outre que les plateformes luttent plus efficacement contre les contenus générés par l'intelligence artificielle usurpant l'identité de personnalités, de journalistes ou de médias, des pratiques utilisées dans de nombreuses escroqueries en ligne. Ils plaident également pour que les systèmes de recommandation mettent davantage en avant des contenus fiables et adaptés à l'âge des utilisateurs.
Enfin, les eurodéputés de la commission de la culture et de l'éducation demandent un suivi harmonisé, dans l'ensemble des États membres, des usages numériques des enfants et de l'efficacité des dispositifs de protection mis en place.
Cette résolution du Parlement européen n'a toutefois pas de valeur législative immédiate. Elle fixe la position politique des députés et adresse un signal à la Commission européenne, qui prépare de son côté de nouvelles propositions sur la protection des mineurs en ligne.
Article écrit par Actukids