lundi 27 avril 2026
Jeux et jouets d’occasion Un marché à 378 M€ en 2025
Le marché français des jeux et jouets d’occasion continue de gagner du terrain.
En 2025, il atteint 378 millions d’euros, en hausse de 14 %, avec 39 millions d’unités
vendues. Dans le même temps, son poids grimpe à 7,3 % des ventes totales de jouets.
Online plus dynamique que le offline, montée en puissance des kidults, domination de Vinted et
attente croissante d’une offre plus large.
Le nouveau baromètre Circana x Ecomaison montre que la seconde main s’installe durablement
dans le paysage du jouet.
La seconde main n’est plus un marché périphérique dans l’univers du jouet. Année après année,
elle progresse, se structure et élargit son public. Le Baromètre jeux et jouets d’occasion 2025
publié par Circana et Ecomaison confirme cette dynamique avec une hausse de 14 % en valeur sur
un an, dans un marché du neuf lui-même en progression de 8 %.
Au-delà de la croissance, le rapport met en lumière plusieurs tendances fortes : Le poids croissant
du online, l’émergence des kidults sur l’occasion, la place prise par Vinted et une demande qui ne
se résume plus au seul prix. Désormais, l’offre, la variété et la réassurance deviennent elles aussi
des enjeux centraux.
Un marché à 378 M€ qui surperforme encore le neuf
En 2025, les ventes de jeux et jouets d’occasion atteignent 378 M€, soit +46 M€ par rapport à
2024. En volume, le marché grimpe à 39 millions d’unités, en hausse de 12 %. Le prix moyen
s’établit à 9,6 €, en progression de 2 %.
La seconde main continue donc de progresser plus vite que le neuf. Le document indique en effet
une croissance de +14 % pour l’occasion, contre +8 % pour le marché des jeux et jouets
neufs. Son poids dans les ventes totales de jouets atteint désormais 7,3 %, soit +0,2 point sur
un an.
La tendance est d’autant plus marquante que le marché a plus que doublé depuis 2021. Circana
projette même un marché à 416 M€ en 2026 et autour de 500 M€ en 2030, avec un poids
proche de 9 % du marché global.
Le prix domine toujours, mais l’offre devient plus stratégique
Sans surprise, le prix reste le premier moteur de l’achat d’occasion. En 2025, 76 % des
acheteurs citent les raisons économiques, devant les raisons écologiques à 45 %. 36 % disent aussi
acheter d’occasion pour trouver des jeux et jouets qui ne sont plus vendus neufs.
Mais un autre signal ressort nettement cette année : L’enjeu d’offre monte en puissance. Quand on
demande ce qui pousserait les consommateurs à acheter davantage d’occasion, 56 % évoquent
des prix plus compétitifs, mais 41 % demandent à être mieux rassurés sur la qualité et le
reconditionnement, et 40 % souhaitent une offre plus fournie et variée. Ce dernier item progresse
de 6 points versus 2024.
Autrement dit, la seconde main n’est plus seulement un marché de petits prix. Elle devient aussi un
marché de confiance, d’assortiment et de disponibilité.
Noël, anniversaire, coup de coeur : la seconde main se banalise
Le jouet d’occasion n’est plus réservé à l’achat utilitaire. Il s’intègre désormais aux grands rendezvous
de consommation. Les principales occasions d’achat sont Noël (54 %), l’anniversaire (53 %)
et le coup de coeur (52 %). Pâques reste plus marginal à 10 %.
Le fait que le “coup de coeur” progresse fortement montre bien que la seconde main s’éloigne
d’une logique purement défensive. Elle devient aussi un achat plaisir, voire spontané.
Les kidults s’installent sur le marché de l’occasion
L’un des enseignements les plus intéressants du baromètre concerne la progression des achats
pour soi et pour d’autres adultes. En 2025, 29 % des acheteurs de jeux et jouets d’occasion
déclarent avoir acheté pour eux-mêmes, et 10 % pour d’autres adultes. Ces deux indicateurs
progressent respectivement de +3 points et +4 points vs 2024.
Circana identifie d’ailleurs plusieurs profils au sein du marché, parmi lesquels les collectionneurs,
qui représentent 13 % des acheteurs et gagnent 3 points sur un an. Ce segment illustre bien
l’effet kidult sur l’occasion, avec une logique moins centrée sur le seul prix et davantage
tournée vers la rareté, la collection ou la recherche de produits non disponibles en neuf.
Jeux & puzzles tirent la croissance, la construction reste très demandée
Sur le plan des catégories, les jeux & puzzles sont la locomotive de la croissance. Ils représentent
25 % du marché de l’occasion, avec +4 points depuis 2022. La construction reste une catégorie
lourde à 14 %, même si son poids recule dans le mix.
En revanche, quand les consommateurs expriment leurs attentes pour une offre plus large, c’est
bien la construction qui arrive très nettement en tête à 43 %, devant jeux & puzzles (29 %) et
figurines (20 %). Le document souligne même que la construction et LEGO sont les produits les
plus recherchés sans succès sur l’occasion.
Le online creuse encore l’écart avec le offline
Le baromètre montre que le online continue de progresser plus vite que le offline. En 2025, les
ventes de jeux et jouets d’occasion augmentent de 15 % online, contre 12 % offline.
L’écart devient très visible en part de marché : 14,6 % des jeux et jouets achetés online sont
désormais des produits d’occasion, contre 3,8 % offline. Le magasin conserve un avantage évident
— voir et toucher le produit — mais il reste pénalisé par le prix, le manque de points de vente et
l’étroitesse de l’offre.
Vinted passe leader devant Leboncoin
Autre bascule majeure : Vinted devient le premier circuit de vente de jeux et jouets d’occasion en
France avec 25 % de part de marché, juste devant Leboncoin à 24 %. Les marchés, brocantes
et vide-greniers suivent à 15 %. Les magasins d’achat-revente et les associations pèsent chacun 8
%.
Plus largement, les enseignes online représentent 65 % du marché de l’occasion. Cette domination
confirme la place centrale prise par les plateformes dans la circulation du jouet d’occasion.
Malgré l’essor des marketplaces, les clients seconde main restent
fidèles
Le rapport montre une montée en puissance très nette des marketplaces dans les achats “petit
prix”. 52 % des acheteurs de seconde main achètent au moins occasionnellement sur une
marketplace, soit 20 points de plus qu’en 2022.
Pour autant, la seconde main conserve sa place dans les arbitrages budgétaires. En 2025, les
clients seconde main consacrent encore 42,2 % de leur budget “petit prix” aux acteurs de la
seconde main, un niveau globalement stable par rapport à 2022. Pendant ce temps, la part des
discounters dans ce budget recule de 65 % à 48,1 %.
Ce qu’il faut retenir pour le marché du jouet
Le Baromètre jeux et jouets d’occasion 2025 confirme que la seconde main est entrée dans une
nouvelle phase. Le marché continue de croître vite, le online accentue son avance, les usages se
diversifient, les kidults s’installent et l’offre devient un levier de développement presque aussi
important que le prix.
Pour les marques, les enseignes et les distributeurs, plusieurs questions se posent désormais :
Comment répondre à la demande sur les catégories les plus recherchées ? Comment
rassurer davantage sur la qualité ? Et comment construire une offre physique crédible
face à la puissance des plateformes ?
Conclusion
Le jouet d’occasion n’est plus un marché de niche. Il devient un territoire stratégique à part
entière, à la croisée du pouvoir d’achat, de l’écologie, du e-commerce et des nouveaux usages
de consommation. En 2025, la seconde main ne se contente plus de compléter le marché du
neuf : elle redessine déjà une partie des comportements d’achat.
Source : Circana x Ecomaison, Baromètre jeux et jouets d’occasion 2025.
Article rédigé par YogaNoël